• La démarche/Le process

    Je construis mes tableaux pour qu’ils soient des expériences, des peintures mentales.
Des expériences esthétiques qui provoquent une réflexion sur la peinture, l’espace de la toile. La peinture devient sculpture de l’espace et du temps. Ni 3D ni 2D. Certainement quelque part entre les deux. Quelque chose se passe. Une nouvelle dimension est créée. Le temps, suspendu, qui lui appartient tend, lui, vers l’infini. C’est pourquoi, en simulant le réel, en donnant naissance à un nouveau volume de paysage orthonormé (ou faussement orthonormé avec ces bribes d’architecture), je donne une vie à cette peinture abstraite, qui dépasse la dimension de la toile.
«Je pense qu’au travers de l’Inframince, il est possible d’aller de la seconde à la troisième dimension» (Marcel Duchamp).


    
Les taches sont elles bien toutes sur un même plan ? Laquelle est apparue en premier ? La profondeur de cet espace dépasse-t-elle la troisième dimension, ou est- elle induite dans une dimension intermédiaire qui serait restée invisible sans l’invention de la peinture ?


    
Le modèle de peinture standardisée nous fait passer à côté de la plus grande partie de la réalité, et va jusqu’à nous empêcher même de la voir. 
En alternant des phases créatives combinant liberté et contrôle, ma pratique est proche du dessin/peinture. Je m’intéresse principalement à l’espace : l’espace dans lequel il évolue, l’espace mental et l’espace pictural. Je peins des paysages virtuels dans lesquels le spectateur est invité à s’immerger pour mieux prendre conscience ou même douter de ce qui finalement l’entoure. Je recherche ici une esthétique du sublime...


    
Ces taches possèdent leur propre vie, leur propre dimension. La peinture semble flotter et dériver à l’infini, telle une entité organique vivante. Les écritures automatiques abstraites qui figurent alors nous entourent.
nous empêcher même de la voir. Mes prototypes de dessins/peintures hybrides sont au contraire la démonstration d’un conflit entre romantisme et réalité qui n’a pas lieu d’être, selon moi.


    
Mes sources d’inspiration sont diverses, certains maîtres de l’art abstrait ainsi que des théoriciens tels que Gaspard David Friedrich, Vassily Kandinsky, Albert Oehlen, Julie Mehretu, Cy Twombly, Ed Moses, Tatiana Trouvé, Christopher Wool, Brian O’Doherty dans Inside the White Cube, Katarina Grosse, Frank Stella et Hubert Sheibl.

  • 13/01/2013
    Pourquoi la peinture ?

    Depuis la préhistoire, depuis les peintures rupestres, la peinture résiste à toutes les crises successives de l'art. (imprimerie, photographie, nouvelles technologies).

    Elle sait être tolérante, et accepte l'arrivée des nouveaux médiums (technologie numérique) tout en sachant s'en inspirer et s'en servir pour mieux évoluer avec toute l'humilité qui la caracterise.

    Elle se réinvente continuellement sans capituler en affichant une posture d'aura benjamine définitivement spirituelle. L'apparition du numérique nous ouvre quand à lui les portes d'une abstraction proche de l'infini (monde virtuel, 3D, algorithme, etc...)dont la nouvelle peinture contemporaine s'accapare la technologie.